Marché de l’immobilier: deux trajectoires opposées

in Advisory, Real Estate, 12.10.2016

La vocation du Swiss Real Estate Sentiment Index est de recueillir les anticipations des professionnels de l’immobilier. Cette cinquième édition voit l’indice agrégé progresser pour atteindre son niveau record. Cette performance s’explique par la légère amélioration de la perception de l’environnement économique, mais surtout, par la progression des anticipations de hausse de prix.

Entre incertitude et optimisme

Globalement, le panel considère que le risque de marché à horizon 12 mois s’est réduit, ce qui a entraîné une amélioration générale de la perception de la situation économique pour les sondés, même si la crainte d’un durcissement réglementaire reste prégnant et que le risque d’une crise européenne s’est renforcé, sans doute suite au récent vote britannique. Il convient d’ailleurs de souligner que le Brexit ne semble pas entraîner de pression baissière sur les rendements suisses, à l’inverse de ce que nous avions pu observer en 2015, après la suppression par la BNS du cours plancher du franc face à l’euro.

Immobilier résidentiel: pénurie et hausse des prix

A l’instar des années précédentes, les anticipations de hausse de prix du panel pour les biens résidentiels sont fortes. Compte tenu de la baisse généralisée des rendements, les investisseurs se tournent plus que jamais sur l’immobilier de placement et notamment sur le segment résidentiel, ce qui accroît la concurrence et entretient la hausse des prix. Alors que le manque d’opportunités d’investissement était déjà important il y a 12 mois, notre panel considère que la pénurie d’immeubles résidentiels sur le marché de l’investissement s’est encore accentuée.

Immobilier commercial: prudence et baisse des prix

A l’inverse, les anticipations de prix pour l’immobilier commercial sont négatives. Si le marché du bureau se ressaisit lentement et paraît proche de l’équilibre, l’attrait pour le commerce diminue encore. Ceci s’explique très largement par les difficultés de l’industrie dans son ensemble. A titre d’illustration, le chiffre d’affaires du commerce de détail a reculé de 3,1% au premier semestre en Suisse, selon l’Office fédéral de la statistique. De plus, la mutation en cours dans ce secteur incite les investisseurs à la prudence. En effet, les enseignes devraient être amenées à réduire la surface de leurs boutiques pour évoluer vers le concept de showroom, où les articles à vendre sont exposés mais plus stockés et les clients livrés dans des délais courts ou à leur convenance à leur domicile. Avec ce nouveau modèle, la centralité des emplacements demeurera le principal critère pour l’investisseur immobilier.

Attrait de l’immobilier étranger

Compte tenu de la pénurie d’offre sur le segment résidentiel, du désamour relatif de l’immobilier commercial et des faibles rendements sur le marché de l’investissement en Suisse, de nombreux investisseurs s’intéressent davantage à l’immobilier étranger. Il conviendra de vérifier s’il s’agit d’une mode ou au contraire une tendance de fond.

 

 

Informations complémentaires: